Interview: Le Quotidien
Le Quotidien: Quel est votre regard sur l'affaire Volkswagen?
Carole Dieschbourg: Il y a lieu d'être prudent, comme nous ne savons pas encore tout sur l'étendue de la problématique. La Commission européenne, avec les constructeurs automobile, doivent apporter des réponses, et la réaction doit avoir lieu au niveau européen et de façon coordonnée. Nous agissons à ce niveau dans le cadre de notre présidence [du Conseil de l'UE]: le sujet est discuté lors du Conseil Transport et du Conseil Environnement, et nous faisons pression sur le groupe de travail de la Commission européenne qui doit définir les "real driving emissions" jusqu'à la fin de cette année, une façon de parvenir enfin à de la transparence et de l'objectivité dans les émissions des voitures. Le marché luxembourgeois de l'automobile donne la part belle aux véhicules puissants et polluants.
Le Quotidien: Avez-vous l'espoir d'un changement de mentalité?
Carole Dieschbourg: La question de l'innovation nécessaire dans le secteur automobile et des efforts à faire de l'industrie va être discutée lors du Conseil Environnement le 26 octobre à Luxembourg. Le temps est venu pour l'industrie de tenir ses promesses, d'utiliser les technologies disponibles et de produire enfin des voitures moins polluantes. Le consommateur en a le droit et nous ne résoudrons pas les problèmes de qualité de l'air dans nos villes si l'industrie ne tient pas ses promesses.
Le Quotidien: Les alternatives aux carburants fossiles font-elles des progrès significatifs?
Carole Dieschbourg: J'espère que cette crise sera aussi une chance de montrer l'attrait réel des voitures électriques et hybrides et surtout l'attractivité de nos transports publics.
Le Quotidien: Est-il envisagé de revoir la taxation sur le diesel au Luxembourg, pour le rendre moins attractif?
Carole Dieschbourg: On discutera des éléments écologiques à apporter au système lors de la réforme fiscale.